S’il est une industrie qui fait rayonner la France c’est bien la parfumerie !

Et plus que jamais, développement durable et responsabilité sociétale sont au cœur des actions et des créations d’une filière particulièrement dépendante des services fournis par la nature : les initiatives se multiplient, les entreprises se mobilisent pour faire face aux enjeux environnementaux et sociaux.

 

Comment ? Zoom sur un écosystème plus que jamais impliqué.

Les marques sont la partie visible de la parfumerie ; elles travaillent en lien étroit avec des entreprises qui fournissent les flacons, les compositions parfumées, les échantillons… ainsi que de multiples savoir-faire artisanaux et artistiques. Toutes ces entreprises et leurs écosystèmes forment ce qu’on appelle « la filière parfum ».

« Développement durable : quels défis pour l’industrie de la beauté ? » ; « Concevoir pour mieux recycler en France » ; « Parfums naturels et bio : les fragrances pour se mettre au vert » ; « Entreprises : comment  réduire l’impact environnemental des emballages et papiers en les transformant en ressources ? » etc.

Pas une semaine sans que le sujet ne soit abordé sous divers angles :

 

  • Des entreprises arborent leurs engagements sociétaux sur leur site internet. En mars 2020, Chanel a lancé son programme d’engagements pour lutter contre le changement climatique, Chanel Mission 1.5°, en ligne avec les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat de 2015.

 

  • Des collectifs, syndicats, associations, fédérations embarquent leurs adhérents dans une dynamique de sensibilisation en quête de solutions communes. Le syndicat national des fabricants de produits aromatiques PRODAROM déclare notamment avoir engagé une étude de caractérisation des drêches de parfumerie avec le soutien de l’ADEME et de la région PACA.

 

  • Des grands groupes investissent dans l’ingénierie biologique, des plantations bio et des ressources respectueuses de l’environnement, notamment Symrise, Givaudan, Mane, ou Firmenich, en voie d’être labellisée B Corp pour ses engagements notamment en matière de sourcing responsable dans le cadre d’une stratégie ESG à 2030.

 

  • Des startupers inventent une autre parfumerie (3), à l’instar de Floratopia, parfumerie naturelle et responsable, à l’initiative d’un véritable manifeste pour « une empreinte positive sur le monde du parfum, en lien avec la planète, la biodiversité des plantes à parfums, et les artisans/producteurs qui les cultivent ». La prochaine « révolution » sera la « clean parfumerie ».

 

Outre les ingrédients, le packaging est devenu un terrain d’innovation et de transformation des business modèles à partir des principes de l’économie circulaire

 

Car en face, les utilisateurs de parfum,  en particulier les « Sustainable Natives » ou « Génération climat », ces moins de 20 ans qui sont avant tout engagés pour la planète, ont de fortes attentes en matière d’engagement développement durable des marques qu’ils achètent : 76% des répondants à l’étude Baromètre (4) pensent que l’implication RSE de leurs marques de parfums est importante.

 

Les trois critères d’engagement responsable les plus importants aux yeux des utilisateurs de parfum sont l’approvisionnement, l’éco-conception et le “Made-in-France”. La communication d’une démarche responsable, transparente et ponctuée d’indicateurs de performance est souhaitée par 76% des consommateurs. 

 

D’ailleurs, qu’est-ce qu’un parfum responsable ? C’est celui dont le sillage n’est pas au prix de compromis écologiques ou humains. C’est celui qui est conforme aux plus strictes réglementations internationales : porté par des équipes mobilisées sur une veille permanente des enjeux de santé et de sécurité. C’est un parfum dont la création mobilise toute une filière engagée dans la responsabilité environnementale et sociale.

 

Pour créer un tel parfum, comment faire ? Des fondamentaux semblent partagés depuis une quinzaine d’années. Il s’agit de considérer le cycle de vie entier du parfum, de sa conception à son recyclage tout en soutenant de manière durable tous les acteurs et leur écosystème. Quant aux matières premières naturelles, l’objectif est de repenser la chaîne d’approvisionnement et les processus de transformation dans le strict respect de la biodiversité, avec une empreinte climatique neutre, voire positive, et d’orienter l’innovation vers des ingrédients vertueuse et économes, qu’ils soient synthétiques ou naturels.

 

Pour accompagner la parfumerie dans cette mutation vers plus de naturalité et de durabilité, la chimie verte est, aux côtés des biotechnologies, un moteur de transformation incontournable.

 

Une amélioration continue des pratiques du secteur qui doit encore faire ses preuves

 

La RSE est ce que le digital était il y a 10 ans : incontournable, pivot central de l’intégralité des services de l’entreprise, de l’amont à l’aval. Mais si la prise de conscience est réelle, le secteur aborde maintenant une nécessaire professionnalisation RSE.

 

Car bien au-delà du green, du « clean », la cosmétique de demain est celle qui osera poser des actes forts, affirmer ses choix, communiquer et fédérer autour de ses engagements. En d’autres termes : proposer une marque responsable incarnée par son fondateur ou président, propulsée par ses collaborateurs et ses clients.  Elle rayonnera en premier lieu dans son entreprise pour pouvoir porter ses convictions auprès du public, en évitant l’écueil du green washing. 

 

Pour que cette approche RSE soit authentique et sincère et vectrice de préférence de marque, le triple enjeu à relever est donc de s’informer, se former et agir concrètement à travers l’élaboration d’une stratégie robuste. Alignée sur la science et les référentiels en vigueur (ODD, ISO 26000, SBTs…) elle permettra un reporting fiable (déclaration de performance extra-financière – DPEF) de plus en plus attendu par les parties prenantes et les financeurs.

 

Comme pour tous les autres secteurs, l’enjeu est de traduire ces stratégies à travers des actions pertinentes et à la juste échelle pour un impact positif significatif.  La prise en compte grandissante de la biodiversité dans la RSE des entreprises est de ce point de vue une réelle opportunité : directement connectée au modèle d’affaire du secteur, elle est un champ d’action qui permettra d’accélérer une transformation très attendue du secteur.

Isabelle Sadoux

Références

1/ Prix de l’innovation de responsable pour un parfum par la Fragrance Foundation

2/ Le 11 mars 2021. Conférence en ligne organisée par le Club des Entrepreneurs du pays de Grasse. Inscription gratuite mais obligatoire.

3/ Floratropia, parfumerie naturelle & responsable qui « ensauvage le parfum », des marques déjà visibles comme pH fragrance, qui conçoit avec Givaudan des produits « Clean Home Care » et « Clean Personal Care » – soit conçus uniquement avec des matières premières naturelles, 100 Bon qui accroit sa distribution. D’autres comme Ormaie travaillent même leurs flacons dans le respect de l’environnement. Ioumi-Provence et ses, formules sans impact négatif pour les nappes phréatiques, les produits ultra-frais (Freedge), solides (Lamazuna, Pachamamaï), zéro déchets, avec système de consigne (Biotanie crédite 5 euros pour tout contenant vide renvoyé, CoZie), en circuit court (Les Candides), etc

4/ Baromètre du Parfum 2019 de la Fragrance Foundation France

 

Isabelle Sadoux

Fondatrice de l’Agence éditoriale D’Un mot à L’Autre et du concept “La voix du parfum”, Isabelle Sadoux propose des contenus rédactionnels qualitatifs, du conseil en stratégie de communication et, en tant que consultante spécialisée de Parangone, un accompagnement en RSE adapté à la filière parfum.

 

 

 

 

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